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Mortier : Composition et Utilisations en Maçonnerie

Dans cet article

    Vous préparez des travaux de maçonnerie et vous êtes perdu ? Faut-il du mortier de ciment, de chaux, ou un mortier bâtard ? Comment être sûr de ne pas se tromper pour monter un mur ou faire des joints ?

    Ce guide complet vous explique de façon simple la composition et les différents types de mortier. Vous saurez exactement quel mortier choisir en fonction de vos travaux pour un résultat solide et durable.

    Qu’est-ce qu’un mortier et à quoi ça sert ?

    Le mortier est une pâte utilisée dans le bâtiment. C’est un mélange de liant, de sable et d’eau. Il durcit en séchant pour former un matériau très résistant. Il faut le voir comme une colle très puissante pour la maçonnerie.

    Son rôle principal est de lier des éléments de construction entre eux. Mais il a aussi d’autres fonctions. Chaque utilisation demande un mortier avec des propriétés spécifiques, comme une bonne adhérence ou une certaine souplesse.

    • Assembler : C’est sa fonction la plus connue. Le mortier sert à monter des murs en liant les briques, les parpaings ou les pierres entre eux.
    • Enduire : Il est utilisé pour recouvrir les murs et les façades. L’enduit protège le mur des intempéries et le décore.
    • Sceller : Le mortier permet de fixer des éléments dans la maçonnerie, comme des gonds de volet ou des poteaux.
    • Jointoyer : Après avoir monté un mur en pierres ou en briques, le mortier remplit les espaces entre les éléments. C’est ce qu’on appelle les joints.
    • Réaliser une chape : C’est une couche de mortier appliquée sur le sol brut (la dalle) pour l’aplanir avant de poser un revêtement comme du carrelage.

    De quoi se compose un mortier ?

    La recette du mortier est simple, mais chaque ingrédient a un rôle précis. On distingue trois composants de base, auxquels on peut ajouter des adjuvants pour modifier les propriétés du mélange.

    1. Le liant : le moteur du mortier

    Le liant est l’élément actif. C’est lui qui, au contact de l’eau, déclenche une réaction chimique qui fait durcir le mélange. Le type de liant détermine les principales caractéristiques du mortier : sa résistance, sa souplesse et son temps de séchage.

    • Le ciment : Il offre une très grande résistance mécanique et une prise rapide. Il est parfait pour les travaux qui doivent être solides.
    • La chaux : Il en existe deux formes principales. La chaux hydraulique durcit à l’eau, comme le ciment, mais reste plus souple. La chaux aérienne durcit au contact de l’air et est très perméable à la vapeur d’eau, ce qui laisse les murs « respirer ».

    2. Les agrégats : le squelette

    Les agrégats constituent la structure du mortier. Il s’agit presque toujours de sable. La taille des grains de sable (la granulométrie) est importante : on utilise un sable fin pour un enduit de finition et un sable plus gros pour monter un mur.

    Attention à la qualité du sable : Il doit être propre, sans terre ni argile. Un sable de mauvaise qualité peut compromettre la solidité de tout l’ouvrage. On choisit un sable de rivière, pas un sable de mer qui contient du sel.

    3. L’eau : l’activateur

    L’eau a un double rôle. D’abord, elle permet de rendre le mélange plastique et facile à travailler. C’est ce qu’on appelle « gâcher » le mortier. Ensuite, elle active le liant pour qu’il puisse durcir. La quantité d’eau est critique : trop peu d’eau, le mortier est friable ; trop d’eau, il est moins résistant.

    4. Les adjuvants (optionnels)

    Ce sont des produits qu’on ajoute en petite quantité au mélange pour améliorer certaines de ses propriétés.

    • Hydrofuge : pour rendre le mortier plus résistant à l’eau et à l’humidité.
    • Accélérateur ou retardateur de prise : pour contrôler le temps de séchage, utile par temps très chaud ou très froid.
    • Plastifiant : pour rendre la pâte plus souple et plus facile à appliquer.
    • Colorants : pour teinter le mortier dans la masse, souvent utilisé pour les joints ou les enduits de façade.

    Les différents types de mortier et leurs usages

    Il existe de nombreux types de mortier, chacun adapté à un usage spécifique. Le choix dépend du liant utilisé et des travaux à réaliser. Ce tableau vous donne une vue d’ensemble pour y voir plus clair.

    Type de Mortier Liant Principal Principales Utilisations Caractéristiques Clés
    Mortier de Ciment Ciment Montage de parpaings, chapes, scellements, enduits résistants Très résistant, prise rapide, imperméable
    Mortier de Chaux Chaux (hydraulique ou aérienne) Bâti ancien, murs en pierre, enduits respirants, joints Souple, perméable à la vapeur d’eau, prise lente
    Mortier Bâtard Ciment + Chaux Montage de briques, enduits de façade, pose de tuiles Combine résistance (ciment) et souplesse (chaux)
    Mortier Colle Ciment + Adjuvants Pose de carrelage, faïence, plaquettes de parement Très forte adhérence, bonne flexibilité
    Mortier de Réparation Ciment + Résines Réparer fissures, épaufrures sur béton, reboucher des trous Prise très rapide, sans retrait, très résistant
    Mortier de Jointoiement Ciment ou Chaux + sable fin Faire les joints de briques, pierres, carrelage au sol Consistance fine, souvent coloré et hydrofuge
    Mortier Réfractaire Ciment alumineux Construction de barbecues, cheminées, fours à pain Résiste à de très hautes températures

    Analyse détaillée des principaux mortiers

    Maintenant que vous avez une vision globale, regardons de plus près les mortiers les plus courants. Comprendre leurs spécificités vous aidera à faire le bon choix pour chaque chantier.

    Le mortier de ciment : la résistance avant tout

    C’est le plus utilisé dans la construction moderne. Son liant, le ciment Portland, lui donne une résistance mécanique très élevée et il durcit rapidement. Il est parfait pour tous les travaux structurels qui exigent une grande solidité. Il est aussi quasi imperméable à l’eau.

    On l’utilise principalement pour :

    • Monter des murs en parpaings ou en blocs de béton.
    • Réaliser des chapes de sol avant la pose d’un revêtement.
    • Faire des scellements courants (poteaux de clôture, gonds).
    Inconvénient : sa rigidité. Le mortier de ciment est peu souple et peut fissurer en cas de léger mouvement du support. Il est aussi peu perméable à la vapeur d’eau, ce qui peut créer des problèmes d’humidité dans les murs anciens.

    Le mortier de chaux : la souplesse et la tradition

    Le mortier de chaux est le mortier traditionnel par excellence, utilisé depuis des siècles. Son principal atout est sa grande souplesse. Il peut absorber les petits mouvements du bâtiment sans se fissurer. De plus, il laisse les murs respirer en permettant à la vapeur d’eau de s’échapper.

    C’est le mortier idéal pour :

    • La restauration du bâti ancien (murs en pierre, pisé, torchis).
    • Le montage et le jointoiement de murs en pierres naturelles.
    • La réalisation d’enduits de façade perspirants, qui luttent contre l’humidité.

    Sa prise est plus lente que celle du ciment, ce qui laisse plus de temps pour le travailler.

    Le mortier bâtard : le meilleur des deux mondes

    Comme son nom l’indique, le mortier bâtard est un mélange de deux liants : le ciment et la chaux. Cette association permet de combiner les avantages des deux. Le ciment apporte la résistance et la rapidité de prise, tandis que la chaux donne de la souplesse et une meilleure maniabilité.

    Ce compromis en fait un mortier très polyvalent. Il est souvent recommandé pour le montage des murs en briques, la pose de tuiles de faîtage ou pour réaliser des enduits de façade robustes mais pas totalement « étanches ». C’est un excellent choix pour de nombreuses applications courantes.

    Pour des solutions prêtes à l’emploi, vous pouvez découvrir les mortiers bâtards qui garantissent un dosage parfait.

    Le mortier colle : indispensable pour les revêtements

    Le mortier colle n’est pas un mortier de construction. C’est un produit technique conçu spécifiquement pour coller des revêtements comme le carrelage, la faïence ou les plaquettes de parement. Il contient du ciment, du sable très fin et surtout des adjuvants (résines) qui lui confèrent une très forte adhérence.

    Il existe différents types de mortiers colles, classés selon leur flexibilité et leur domaine d’usage (intérieur, extérieur, sol, mur). Le choix du bon produit est essentiel pour garantir la tenue du carrelage dans le temps. Pour vos projets de revêtement, pensez à voir les mortiers colles adaptés.

    Les mortiers spécifiques : réparation, hydrofuge, réfractaire

    Il existe enfin des mortiers prêts à l’emploi pour des besoins très précis.

    • Le mortier de réparation : Enrichi en fibres et en résines, il permet de reboucher des trous ou de réparer des éclats dans le béton. Sa particularité est une prise très rapide et une absence de retrait au séchage. Découvrez tous nos mortiers de réparation pour des interventions rapides et efficaces.
    • Le mortier hydrofuge : Il contient un adjuvant qui le rend imperméable à l’eau. Il est utilisé pour les parties de maçonnerie en contact avec l’humidité : fondations, murs de soubassement, cuvelage de cave. Pour protéger vos constructions, vous pouvez choisir un mortier hydrofuge.
    • Le mortier réfractaire : Sa composition à base de ciment alumineux et d’agrégats spéciaux (chamotte) lui permet de résister à des températures allant jusqu’à 1300°C. Il est obligatoire pour construire ou réparer une cheminée, un barbecue ou un four à pizza.

    Quelle est la différence entre le mortier et le béton ?

    C’est une confusion fréquente pour les débutants. La différence est très simple et tient en un seul ingrédient : le gravier. Le mortier et le béton partagent la même base (ciment, sable, eau), mais le béton contient en plus des graviers de différentes tailles.

    Cette différence de composition change complètement leur fonction :

    • Le mortier est une « colle » ou un « enduit ». Son rôle est d’assembler ou de recouvrir. Il est utilisé en couches relativement minces.
    • Le béton est un matériau de structure. Grâce aux graviers, il a une résistance à la compression immense. Son rôle est de supporter des charges. On l’utilise pour faire des fondations, des dalles, des poteaux ou des poutres.
    Pour résumer simplement :
    • Mortier = Sable + Liant + Eau (pour coller)
    • Béton = Gravier + Sable + Liant + Eau (pour construire)

    Comment bien préparer et doser son mortier ?

    Préparer son mortier soi-même est économique, mais demande de respecter quelques règles pour obtenir un mélange de qualité. Le dosage des composants est l’élément clé.

    Le dosage de base

    Le dosage se fait en volumes (avec un seau, une pelle…). La règle la plus courante pour un mortier de ciment standard est de 1 pour 3 : un volume de ciment pour trois volumes de sable. Pour un mortier bâtard, on utilise souvent un demi-volume de chaux, un demi-volume de ciment et trois volumes de sable.

    Exemple de dosage pour monter un mur de parpaings :
    • 1 seau de ciment
    • 3 seaux de sable
    • Environ un demi-seau d’eau

    Le gâchage du mortier

    Le terme « gâcher » signifie simplement mélanger les composants. On commence par mélanger à sec le liant et le sable jusqu’à obtenir une couleur homogène. Ensuite, on forme un cratère au milieu et on ajoute l’eau progressivement, tout en malaxant. La consistance idéale est celle d’une pâte souple, qui tient sur la truelle sans couler.

    La préparation peut se faire à la main dans une brouette pour de petites quantités, ou à la bétonnière pour un plus gros chantier. C’est une étape physique mais essentielle pour la qualité finale du mortier.

    L’option des mortiers prêts à l’emploi

    Si vous ne voulez pas vous embêter avec les dosages, il existe des sacs de mortier prêt à l’emploi. Le liant et le sable sont déjà mélangés dans les bonnes proportions. Il suffit juste d’ajouter la bonne quantité d’eau indiquée sur le sac. C’est une solution plus simple et plus rapide, qui garantit un mélange de qualité constante, même si elle est un peu plus chère.

    FAQ – Questions fréquentes sur le mortier

    Voici les réponses aux questions les plus courantes sur le mortier.

    Quel mortier pour monter un mur de parpaings ?
    Le plus courant est le mortier bâtard (ciment + chaux) car il est à la fois résistant et assez souple. Un mortier de ciment pur peut aussi convenir si le mur ne subit aucune contrainte de mouvement.

    Quel mortier pour jointoyer des pierres extérieures ?
    Il faut absolument utiliser un mortier de chaux (hydraulique de préférence pour l’extérieur). Il laissera le mur respirer et évitera que l’humidité ne soit piégée dans la pierre. Le ciment est à proscrire car il est trop rigide et étanche.

    Combien de temps met un mortier à sécher ?
    Le temps de séchage dépend du liant, de l’épaisseur et des conditions météo. En général, on considère qu’un mortier est sec au toucher en 24 à 48 heures. Cependant, il atteint sa résistance maximale après un séchage « à cœur » qui dure environ 28 jours.

    Peut-on colorer un mortier ?
    Oui, c’est tout à fait possible. On ajoute des pigments en poudre (oxydes métalliques) au mélange sec avant d’ajouter l’eau. Cela permet de teinter le mortier dans la masse pour réaliser des joints ou des enduits décoratifs.